Dan Millman
Le voyage sacré du guerrier pacifique
J’ai connu un homme qui monta jusqu’au sommet d’une montagne et appela Dieu. Il tendit les bras vers le ciel et cria : « Emplis-moi de lumière, je suis prêt. J’attends ! » La voix de Dieu lui répondit : « je t’emplis de lumière, mais tu ne la retiens jamais ! »
Nous avons tous des « fuites ». Ce n’est pas une raison pour s’affoler. Rappelez-vous simplement que vous êtes un « humain en formation ». Vous allez encore trébucher ; nous le faisons tous. Je ne peux que vous aider à transformer votre expérience en leçons, et vos leçons en sagesse. Pour l’instant, je ne peux que vous encourager à avoir confiance dans le déroulement de votre vie.
Vous croyez que vous avez un grave problème à résoudre, mais est-ce bien le cas ? Dans ma vie, j’ai appris que c’est précisément aux moments où les choses semblent empirer que vous êtes peut-être prêt à franchir un pas. Quand vous avez l’impression de n’arriver nulle part, de stagner, voire même de reculer, vous reculez en fait pour prendre sur les chapeaux de roue. Vous êtes encore pris dans la trame des événements et vous ne voyez pas au-delà. Comme un moustique sur un écran de télévision, vous ne voyez qu’un ensemble de points, mais ils forment une image plus grande. Chacun de nous a son rôle à jouer. Le moment venu, vous trouverez votre but.
Le premier pas sur le chemin du guerrier pacifique consiste à saisir les trois Moi (le Moi Basique, le Moi Conscient et le Moi Supérieur), en ayant la tête dans les nuages et les pieds sur la terre.
(J’appréciais l’innocence enfantine et la sagesse corporelle instinctive du Moi Basique ; j’attachais de la valeur à la raison, à la logique et aux capacités d’apprendre du robot, le Moi Conscient. Mais sans l’inspiration du Moi Supérieur, la vie semblait insipide, creuse et incomplète)
- J’ai revu le visage d’un ami qui est mort il y a quelque temps. Il était jeune et plein de vie ; et soudain se déclara une maladie que les médecins qualifièrent d’incurable. Il pria beaucoup, je m’en souviens. Mais il mourut tout de même.
- Il y a toujours une réponse à nos prières. C’est simplement que parfois Dieu dit non.
- Pourquoi ?
- Pourquoi un parent aimant dit-il non ? Parfois les enfants veulent aller à l’encontre de leurs besoins. Les gens se tournent vers Dieu quand leurs bases tremblent, et ils découvrent que c’est Dieu qui les secoue. L’esprit conscient ne peut pas toujours prévoir ce qui sert notre plus grand bien. La foi implique une confiance fondamentale en l’univers – la croyance que tout est pour notre plus grand bien. C’est ce que je crois.
- Vous en êtes persuadée ?
- Je n’en ai pas l’assurance formelle, mais je choisis d’y croire parce que alors, si j’agis en conséquence, ma vis s’écoule mieux. Je ne me sens jamais victime des circonstances. Mon attitude demeure forte et positive. Je vois la difficulté comme une sorte d’ « haltérophilie spirituelle », un défi pour fortifier l’esprit. Mes problèmes physiques, si pénibles qu’ils aient été, ont toujours été accompagnés d’un cadeau, même si je ne l’ai pas toujours apprécié sur le moment. Pour moi, ce cadeau était une compassion plus profonde pour quelqu’un d’autre, ce pourrait être une plus grande sensibilité au corps, ou une plus forte motivation à faire de l’exercice, à exprimer des sentiments plutôt qu’à les dissimuler, ou peut-être à mieux manger, se détendre ou jouer plus. La douleur ou l’inconfort sont souvent un moyen de nous secouer, d’attirer notre attention. Bien que la douleur nous rende plus attentifs à nous-mêmes, c’est généralement le dernier recours du Moi Basique. Il n’envoie des messages rudes que lorsque nous avons ignoré les plus doux – nos intuitions et nos rêves.
Les Moi Basiques supportent beaucoup, comme les enfants. Loyaux par nature, ils ne sont pas faciles à aliéner. Mais quand ils en ont assez, ils en ont assez.